
Le Comité de Pilotage (COPIL) politique du Fonds National REDD+ (FONAREDD) s’est réuni ce jeudi 4 juin 2026 à Kinshasa. L’objectif, approuver le rapport annuel 2025 consolidé, acter la feuille de route de l’évaluation indépendante 2026, confirmer les contributions domestiques de l’État et planifier la suite du partenariat CAFI–RDC 2021-2031. Le rapport 2025 révèle que l’agriculture est au cœur du budget. En tant que premier moteur de la déforestation en République démocratique du Congo, l’agriculture capte logiquement la plus grande part des financements.
Dolly Kenga, Responsable du Portefeuille au FONAREDD, a détaillé cette répartition : « Le gouvernement s’est engagé à hauteur de 10 millions 900 mille dollars, nous attendons. Sur le montant global de 635 millions, l’Agriculture, étant le premier moteur de déforestation, représente 30%, soit 191 millions, suivi de l’Énergie qui est à 17%, donc 111 millions ; puis la démographie et la planification familiale ont 108 millions avec une petite quotité pour l’éducation : 1 million 500 mille », a-t-il expliqué.
Pour sa part, le président du COPIL et Ministre des Finances, Doudou Fwamba, a rassuré sur l’engagement de l’État : « En ce qui concerne la contribution du gouvernement au fonctionnement du Secrétariat Exécutif, une demande de liquidation de la contribution du gouvernement a été signée par le Ministre des Finances et introduite dans la chaîne des Dépenses ; elle pourra être payée au cours du mois de juillet. Le gouvernement a tenu à respecter les engagements pris », a-t-il affirmé.
Des défis structurels et des débats animés
Malgré des perspectives de structuration du portefeuille, le FONAREDD fait face à des défis majeurs tels que la diversification des financements, la cohérence face aux initiatives parallèles et la suspension de certains programmes due à l’insécurité.
Ces obstacles ont suscité de vives réactions parmi les participants. Au sujet de la capacité d’absorption du FONAREDD, Monica Camacho de CAFI s’est interrogée : « Quelles mesures ont été prises pour améliorer ces capacités ? », tout en saluant les appuis directs aux ONG.
Le Secrétaire Exécutif du FONAREDD, Bavon Nsa Mputu, a répondu : « Pour parler de cette capacité, il faut qu’il y ait observance de la tenue régulière des réunions des différentes structures de décision du FONAREDD. Tout ce qui est fait au niveau du FONAREDD se fait de manière concertée », a-t-il éclairé.
Résultats de terrain
L’objectif du FONAREDD étant de réduire de 25% l’utilisation du bois-énergie au profit des énergies renouvelables d’ici 2030, la RDC s’engage à faire le suivi régulier du couvert forestier tous les deux ans. Pour y parvenir, près de 53 000 cultures pérennes doivent être mises en place. Autant de résultats attendus qui poussent la Ministre des Affaires Foncières à insister sur l’efficacité.

« Je suis de celles qui veulent pousser pour obtenir des résultats sur le terrain. En examinant la feuille de route, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des activités redondantes et d’autres qui n’apportaient pas de fruits sur le terrain. Pour moi, nous sommes dans ce programme pour avoir des résultats probants. Ma préoccupation est de savoir comment sont gérés les retards de décaissements », a insisté la Ministre des Affaires foncières, O’Neige N’sele Mimpa.
Concernant la part de l’éducation, face au faible budget alloué (soit 1,5 million), la Ministre de l’Enseignement supérieur, la Professeure Marie-Thérèse Sombo, s’est indignée : « En voyant la lutte contre la déforestation et les fonds alloués à l’éducation, c’est vraiment minime. Pourtant, les enfants éduqués peuvent rapporter ces notions en famille. Un autre volet concerne le changement de comportement, qui est aussi une autre forme d’éducation. » s’est-elle inquiétée.
Cap vers la revue d’octobre 2026
Le bureau d’études TEREA a présenté en ligne une évaluation pointant les écarts entre la programmation et les réalisations du FONAREDD. Un constat accueilli avec pragmatisme par Doudou Fwamba : « Nous notons les différentes observations et restons ouverts à la suite des discussions. Chacune des parties a des responsabilités. Le temps est venu de nous mettre ensemble pour travailler à la mise en œuvre de ce programme », a-t-il martelé.
Il a par ailleurs salué les avancées du partenariat CAFI-RDC dans l’aménagement du territoire, l’énergie, la gouvernance forestière et la finance carbone, qui posent les jalons de l’économie verte. « Vu le potentiel forestier de la RDC, le FONAREDD s’impose comme le mécanisme national exclusif de coordination climatique, afin que les populations locales soient les premières bénéficiaires des investissements », a souligné le président du COPIL.
Notons qu’une revue annuelle approfondie, portant sur l’examen de l’état des lieux de la programmation et la définition des prochaines étapes du partenariat CAFI-RDC 2021-2031, est attendue d’ici octobre 2026.
Sarah MANGAZA














