
À l’occasion de la COP30 à Belém, au Brésil, l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI) a présenté un mécanisme novateur de Paiement pour Services Environnementaux (PSE). Ce dispositif vise à canaliser les fonds directement vers les populations autochtones, gardiennes de la biodiversité.
Selon Jules Katubadi, délégué de CAFI à la COP30, la motivation a été édictée par un constat simple mais alarmant. Alors que les communautés locales et les peuples autochtones sont en première ligne de la protection des forêts du bassin du Congo, ils ne perçoivent qu’une infime fraction des financements climatiques mondiaux. Pour pallier ce déséquilibre, le Fonds CAFAI a lors des activités parallèles, dévoilé les avancées du mécanisme PSE, et lancé la réflexion sur leur déploiement à grande échelle.
Ce système ne se contente plus de promesses ; il repose sur des résultats concrets et vérifiables. Comme l’explique M. Katubadi : « Ce mécanisme est basé sur la performance. Chaque dollar investi est tracé, de l’investisseur jusqu’au bénéficiaire final sur le terrain ».
Pour garantir l’intégrité du processus, le CAFI s’appuie sur des outils numériques de pointe. Le suivi de la préservation des forêts est assuré par une combinaison de données satellitaires pour vérifier l’absence de déforestation, de mécanismes digitaux de collecte de données sur le terrain, et de paiements mobiles, permettant de transférer les fonds directement aux communautés, sans intermédiaire, évitant ainsi les lourdeurs bureaucratiques et les risques de détournement.
Des projets pilotes prometteurs
Le déploiement a déjà commencé à travers l’Afrique Centrale. Des projets pilotes sont actuellement en cours en République Démocratique du Congo (RDC), au Gabon et en République du Congo. L’objectif à Belém était de présenter l’état des lieux de ces initiatives et de discuter de leur mise à l’échelle pour couvrir l’ensemble des pays signataires de la déclaration de la CAFI.
« La RDC est très engagée dans ce processus dont les résultats présenté ici sont très encourageants », s’est félicité la ministre de l’Environnement de la RDC, Marie Nyange Ndambo.
Au-delà de l’aide ponctuelle, le PSE offre une alternative économique viable. En recevant des incitations financières pour la protection de leur écosystème, les populations locales trouvent des moyens de subsistance durables qui ne dépendent plus de l’exploitation destructrice des ressources.
Cependant, Jules Katubadi a souligné que la pérennité du système repose sur un engagement mixte. « La durabilité passera non seulement par les financements extérieurs, mais aussi par la mobilisation de fonds domestiques de la part des États de la région », a-t-il conclu.
De retour de Belém, Alfredo Prince NTUMBA










