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Préservation de la biodiversité en RDC, entre discours international et réalités locales

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La préservation de la biodiversité est aujourd’hui une question vitale. Elle ne concerne pas uniquement les institutions internationales, les gouvernements, les organisations non gouvernementales ou les militants environnementaux, mais constitue un enjeu qui interpelle directement l’ensemble de l’humanité. Les mutations climatiques, la disparition de certaines espèces, la déforestation, la contamination des sols, de l’eau et de l’air sont autant de signaux alarmants qui doivent nous pousser à adopter des comportements responsables pour protéger ce qu’il reste de notre patrimoine naturel.

C’est dans cette logique que la Convention sur la diversité biologique, forte de ses 196 parties, œuvre à évaluer la perte de la biodiversité mondiale et à mobiliser les efforts nécessaires pour inverser la tendance. Les 125 pays ayant soumis leur 7ᵉ rapport national, dont la République démocratique du Congo, ont permis de rendre compte des mesures prises pour atteindre les objectifs nationaux alignés sur les 23 cibles du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.

La République démocratique du Congo, avec sa superficie de 2 345 410 km² et une biodiversité remarquable, occupe une place stratégique dans cet équilibre mondial. Le pays couvre à lui seul près de 62 % des forêts du Bassin du Congo, reconnu comme l’un des principaux poumons de la planète. À cela s’ajoutent ses parcs nationaux, ses jardins botaniques et sa vaste forêt équatoriale. Cet ensemble naturel positionne la RDC comme un acteur incontournable et une véritable réserve mondiale de biodiversité.

Pourtant, si le gouvernement congolais multiplie les plaidoyers à l’international pour valoriser ses richesses naturelles, notamment lors des différentes conférences climatiques, cette dynamique peine à se traduire concrètement au niveau national. Un décalage persiste entre les engagements affichés à l’extérieur et les actions perceptibles à l’intérieur du pays. Dès lors, une question essentielle s’impose : quelle place accorde réellement la sensibilisation des populations dans la politique de préservation de la biodiversité ?

Les initiatives mises en avant, telles que : conservation des écosystèmes, protection des habitats naturels, reconstitution des espèces ou encore promotion de l’écotourisme demeurent peu visibles pour une grande partie de la population. Cette faible perception s’explique notamment par la diversité culturelle du pays et par l’absence d’une stratégie de communication structurée, adaptée aux réalités locales.

La place des peuples autochtones

Parmi les nombreuses communautés que compte la RDC, les peuples autochtones vivant en milieu forestier occupent une position particulière. Traditionnellement tournés vers la chasse et la cueillette, ils entretiennent une relation étroite et équilibrée avec la forêt. Pourtant, ces communautés restent souvent marginalisées, comme le souligne certains rapports.

Leur intégration dans les politiques de préservation apparaît dès lors indispensable. Une communication adaptée à leurs réalités culturelles permettrait non seulement de renforcer leur implication, mais aussi de valoriser leurs(savoirs) traditionnels, essentiels à la gestion durable des écosystèmes.

Agriculteurs et forestiers : des acteurs clés

Avec près de 80 millions d’hectares de terres arables selon la FAO, la RDC dispose d’un potentiel agricole considérable. Cependant, l’exploitation de ces terres, encore limitée, se fait souvent sans encadrement adéquat. L’absence de protocoles clairs et d’études approfondies expose les écosystèmes à des risques de dégradation.

Les agriculteurs, tout comme les forestiers, doivent être au cœur des stratégies de sensibilisation. Une communication ciblée, pédagogique et adaptée à leurs pratiques permettrait de promouvoir des méthodes d’exploitation durables et respectueuses de l’environnement.

Le rôle des entreprises

Attirées par le potentiel économique du pays, de nombreuses entreprises s’implantent en RDC. Si elles contribuent à la création d’emplois, elles doivent également assumer leur responsabilité environnementale. La mise en place de politiques rigoureuses en matière de gestion des déchets, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de respect des normes environnementales s’impose comme une nécessité.

Aujourd’hui encore, la déforestation, l’urbanisation anarchique et la pollution des ressources en eau témoignent des insuffisances dans la régulation et le suivi de ces activités. Une communication claire, accompagnée de mesures contraignantes, pourrait limiter significativement ces impacts.

La biodiversité congolaise ne peut être préservée sans l’implication active des Congolais eux-mêmes. Il ne suffit plus de multiplier les discours : il est temps de les traduire en actions concrètes, accessibles et adaptées aux réalités locales. C’est à ce prix que la RDC pourra véritablement inverser la tendance et préserver durablement son immense richesse naturelle.

Nehemy DENGBA

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