
À l’occasion de la Semaine nationale du climat, les acteurs clés de l’économie, du secteur bancaire et des organisations internationales se sont réunis ce mardi 27 Octobre 2026, à Kinshasa. Ce panel visait à plancher sur le développement de projets au bénéfice des Peuples Autochtones et des Communautés Locales (PACL), ainsi que sur la sécurisation des financements issus du marché du carbone.
Pour concilier conservation et développement, ce panel a été placé sous le signe de la vision présidentielle de concilier la conservation de la nature et l’amélioration des conditions de vie des communautés locales de la République Démocratique du Congo (RDC). Cette rencontre a donc mis en lumière la nécessité d’un investissement en amont.
« Avant la vente du produit carbone, des promoteurs doivent investir sur des hectares de forêts étant dédiés à la séquestration du carbone et soustraits à l’exploitation. Cet effort de mobilisation de capitaux requiert un accompagnement fort des institutions financières, à commencer par la Banque Centrale du Congo (BCC), régulatrice des banques commerciales. » A expliqué la Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Economie du Climat, Marie Nyange Ndambo.
Transparence et traçabilité : le rôle clé de la Banque Centrale
Le marché du carbone repose avant tout sur la confiance. Pour garantir un partage équitable et transparent des revenus entre les communautés locales, les Entités Territoriales Décentralisées (ETD), les provinces et l’État, un compte sécurisé et dédié sera logé au sein de la BCC.
Le Gouverneur de la BCC a insisté sur la rigueur nécessaire pour structurer ce marché. « Si ce marché n’est pas bien régulé, les acheteurs ne nous feront plus confiance. Ce mécanisme permet d’être sûr que la RDC a la main sur ses ressources. » A déclaré André Wameso.
Il a également souligné l’importance d’apporter des projets concrets aux villages pour doter les entités décentralisées d’une traçabilité réelle. C’est tout un écosystème qui doit ainsi se mettre en place pour transformer les ressources écologiques en solutions de financement de l’économie nationale et du bien-être des communautés.
L’accompagnement des partenaires techniques et financiers
Pour structurer et faire émerger ce nouveau levier de croissance, les partenaires internationaux ont réitéré leur engagement aux côtés de la RDC. Mohamed A. Cherif, Directeur adjoint pour l’Afrique centrale et Responsable pays de la Banque Africaine de Développement (BAD) en RDC a qualifié le marché carbone de « levier de financement capital et de création d’emplois ». Il a insisté sur l’importance de la formation professionnelle, du renforcement des capacités des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et de l’établissement de lignes de crédit bancaires dédiées au secteur privé.
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a quant à lui, mis l’accent sur la crédibilité et la bancabilité des projets. Selon lui, la réussite de la démarche repose sur des données fiables, l’évaluation rigoureuse de la rentabilité, l’éligibilité carbone et des résultats mesurables. « Le PNUD entend ainsi accompagner les porteurs de projets nationaux dans la réalisation d’études de faisabilité et le renforcement des compétences locales. » A précisé Joseph Ezoua, Team leader au PNUD.
Vers un écosystème vertueux
En structurant cette filière à travers un cadre sécurisé par la BCC, soutenu par les banques commerciales et appuyé par des partenaires multilatéraux, la RDC entend se positionner durablement sur le marché mondial du carbone. L’objectif final demeure double : préserver le précieux puits de carbone forestier congolais tout en garantissant des retombées concrètes, mesurables et équitables pour les populations locales.
Sarah MANGAZA












