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L’ONU prône une « troisième ère » de coopération face au désordre mondial

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Dans un discours aux accents de realpolitik prononcé ce 12 février 2026, Simon Stiell, Secrétaire exécutif d’ONU Climat, a dévoilé sa feuille de route pour la COP 31. Face à une géopolitique fracturée, il présente l’action climatique non plus comme une contrainte environnementale, mais comme l’antidote ultime à l’instabilité mondiale.

C’est depuis Istanbul, carrefour historique entre l’Orient et l’Occident, que le patron de l’ONU Climat a choisi de lancer un appel solennel à la communauté internationale. Dans un contexte qu’il qualifie de « nouveau désordre mondial », marqué par les guerres commerciales et l’érosion du multilatéralisme, Simon Stiell propose un changement de paradigme radical : faire de la transition énergétique l’arme principale de la sécurité et de la prospérité des nations.

L’ère de la mise en œuvre

Le Secrétaire exécutif a structuré sa vision autour de ce qu’il appelle la « troisième ère » de l’action climatique. Après celle de la prise de conscience (ère 1) et celle des engagements de l’Accord de Paris (ère 2), nous entrons désormais dans l’ère de la mise en œuvre.

« L’action climatique peut apporter de la stabilité dans un monde instable », a-t-il affirmé. « Ce n’est pas malgré l’instabilité mondiale que nous devons agir, mais à cause d’elle. »

Un plan en quatre piliers pour la COP 31

À l’approche de la COP 31, qui se tiendra à Antalya sous une présidence partagée entre la Türkiye et l’Australie, Stiell a détaillé un plan d’action pragmatique :

  1. Industrialisation de l’action : Créer des pipelines de projets concrets pour transformer les promesses en infrastructures réelles.
  2. Choc financier : Atteindre l’objectif de 1 300 milliards de dollars pour aider les pays en développement à supporter le coût de la transition.
  3. Coalitions de volontaires : Unir les pays les plus ambitieux pour accélérer la sortie des énergies fossiles.
  4. Modernisation de l’ONU : Rapprocher les processus de négociation de l’économie réelle pour générer des bénéfices tangibles pour les citoyens (baisse des factures d’énergie, créations d’emplois).

Le climat, gage de souveraineté

Le discours a également pris une tournure très économique. Simon Stiell a rappelé que les investissements dans les énergies propres ont déjà dépassé le double de ceux consacrés aux combustibles fossiles en 2025. Pour lui, le message aux dirigeants est clair : le leadership climatique est une « mine d’or ». Ceux qui s’en retirent n’offrent pas seulement une planète moins viable à leurs citoyens, ils offrent surtout « des emplois et de la richesse à leurs concurrents économiques ».

Alors que la Türkiye se prépare à accueillir le monde à Antalya, ce discours marque le début d’une année diplomatique intense où le succès se mesurera moins aux textes signés qu’aux turbines installées et aux réseaux électriques sécurisés.

Alfredo Prince NTUMBA

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