Actualités - Conservation

Que faut-il retenir des rhinocéros blancs du Sud introduits à la Garamba ?

Featured Image

Les 16 rhinocéros blancs du sud introduits dans le parc national de la Garamba, au nord-est de la RDC sont composés de neuf femelles et sept mâles. Cela, pour favoriser la fécondité et le taux de croissance des populations. Ceci est une étape essentielle de la restauration de la biodiversité, des écosystèmes et de l’identité de ce parc. Ces rhinocéros venus de l’Afrique du sud sont un élément clé qui manquait à la restauration de l’écosystème de ce parc. Ceci est une première étape des soixante-dix-sept rhinocéros de la même espèce qu’attend la République démocratique du Congo.

L’âge des rhinocéros qu’a accueilli le parc de la Garamba varie entre 1,5 et 11 ans. Ils ont été sélectionnés parce qu’ils ne sont ni trop jeunes, ni trop vieux. « Ces rhinocéros ont été capturés en janvier 2023 et maintenus en quarantaine jusqu’à leur départ de l’Afrique du Sud. Ils avaient quitté tôt le matin en RSA et transportés pendant la nuit pour arriver le lendemain en RDC. L’opération a duré entre 28 et 31 heures », a confié John Barrett, directeur général, chef de Site du Parc national de la Garamba.

A l’en croire, le déplacement des grands animaux vivants comporte toujours des risques pour les personnes et les animaux. Par conséquent, l’opération doit être soigneusement gérée à chaque étape du processus. Raison pour laquelle, des années de planification approfondie sont entreprises pour assurer le bien-être du rhinocéros tout au long du processus de translocation. Une équipe d’experts a supervisé le transit, en surveillant constamment ces animaux, avec toutes mesures prises pour assurer leur santé et réduire leur stress.

« Déplacer des animaux sauvages dans de nouveaux environnements est toujours un risque. Pour cette raison, du temps et de l’expertise sont nécessaires pour évaluer la viabilité du déplacement, y compris les besoins et l’adaptabilité des espèces dans la nouvelle zone. Pour remplacer une espèce qui a disparu localement, il faut du temps pour que les animaux s’adaptent aux conditions locales, et cela peut prendre de nombreuses années. Pour y arriver, un plan de gestion spécifique aux espèces a été élaboré avec un programme de suivi rigoureux », a expliqué le directeur de recherche et développement du Parc national de la Garamba, John Vogel.

Des sources concordantes affirment que le personnel a été formé et les capacités nationales sont en cours de développement pour assurer un suivi et une gestion adéquate de la population de ces rhinocéros blancs. « Une évaluation indépendante de l’adéquation de l’habitat a été réalisée par un écologiste de renom spécialisé dans le comportement des rhinocéros. Toutefois, la direction du parc a mis en œuvre des mesures supplémentaires pour garantir l’introduction réussie de l’espèce dans le parc », a affirmé un expert.

Toutes les espèces animales se reproduisent. Les rhinocéros ne sont pas en reste. Mais, les experts précisent qu’il est difficile d’affirmer avec certitude combien de temps faut-il pour attendre les premières naissances de ces individus arrivés en RDC.

« Les rhinocéros blancs ont une période de gestation de 16 mois mais ne montrent que peu de signes de grossesse. Cependant, il est possible que certaines femelles adultes soient déjà enceintes. L’objectif de ce programme est d’établir une population reproductive viable à la Garamba. Ces espèces pourront servir de population source majeure pour l’expansion de l’aire de répartition de l’espèce », a révélé l’expert.

La présence de ces rhinocéros blancs dans le parc national de la Garamba soutiendra davantage la promotion de l’écotourisme dans cette partie du pays. Cependant, il faudra savoir si ces espèces sont déjà habituées à la présence humaine. « Ces rhinocéros sont certes habitués à la présence humaine mais ils restent des animaux sauvages. Par conséquent, la distance de 30 mètres est à respecter pour éviter des accidents », a insisté Benoît Kisuki Mathe, commandant adjoint du CorPPN de la Garamba. 

Rappelons que le  Parc national de la Garamba est classé patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un mélange de savane et forêt équatoriale. Ses écosystèmes sont donc très favorables à la survie de ces rhinocéros blancs, accueillis en RDC, la semaine du 4 au 10 juin 2023.

Notons par ailleurs que c’est depuis l’année 2005 que l’Institut congolais pour la Conservation de la Nature “ICCN” et African Parks ont signé un contrat de partenariat de gestion du parc national de la Garamba et des 3 domaines de chasse adjacentes en vue d’y instaurer la sécurité, restaurer la biodiversité et stimuler le développement des communautés. Ainsi, ce transport de 18 individus de rhinocéros sur les 76 attendues en RDC a été rendu possible par Barrick Gold, grâce à un financement de 250 millions de dollars.

Sarah MANGAZA

they put their trust in us

AFDGIZHirondelleSNELWWF