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Que faire pour que l’électricité cesse d’être un luxe en RDC?

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La République démocratique du Congo peine à se doter de l’électricité sur toute l’étendue de son territoire, malgré ses potentialités en énergies d’une part et des propositions des experts d’autres part. Le pays dispose d’importantes ressources énergétiques renouvelables à savoir: le solaire, l’hydraulique et le géothermique. Outre cet aspect, la RDC bénéficie d’ une croissance économique soutenue depuis le début des années 2010.

Pourquoi le pays peine-t-il à faire disparaître ses trous noirs ?

La Société Nationale de l’Electricité (SNEL), dans sa mission de desservir l’ensemble du territoire national en électricité se retrouve coincée, clouée au sol, depuis plusieurs années. Par conséquent, le pays demeure un trou noir. Pourtant, l’analyse du cadre politique et réglementaire du secteur de l’électricité pour attirer l’investissement du secteur privé en RDC démontre que le réseau hydrographique dense et bien répartie étalé sur l’immense bassin du fleuve congo, le plus grand bassin versant d’Afrique avec 3,7 millions de km2, représente près de 40% du potentiel hydroélectrique du continent.

Selon l’économiste et stratège Al Kitenge Lubanda, la SNEL devenue entreprise commerciale doit se réinventer complètement et mettre ses clients au cœur de sa stratégie et de ses opérations pour mener à bien sa mission.

Ce fleuron de l’Etat doit changer d’ADN de fond en comble et établir des contrats de qualité de service avec ses payeurs. Il y a besoin de restructurer le plan stratégique et son cadre organique en fonction de la nouvelle vision. Tout ceci appelle un travail de communication en interne et en externe car il s’agit d’un changement de grande amplitude.” S’est exprimé Al Kitenge.

Sur le plan opérationnel, l’analyste économique pense que la société devra revoir ses modèles économiques pour assurer une efficacité de proximité.

Il y a plusieurs solutions mais il faudra que les dirigeants aient le courage de quitter les sentiers battus. La SNEL gaspille sa production dans les faiblesses techniques au niveau du transport et dans la distribution commerciale. Elle devra investir directement ou indirectement de manière intensive pour remonter la pente et assurer une disponibilité et la qualité du courant auprès des clients de toutes catégories.” A-t-il ajouté.

Al Kitenge estime par ailleurs que la SNEL devra remonter ses tarifs au fur et à mesure qu’elle améliore la qualité. A l’en croire, les porteurs de cette transformation importante, c’est, bien entendu , les agents et cadres de SNEL auxquels il faut offrir un contrat de nouvelle génération et un code de conduite qui impose une discipline de fer, condition sine qua non pour réussir la transformation de cette grande entreprise du portefeuille de l’État.

La SNEL peut-elle se relever sans le coup de pouce du gouvernement?

La SNEL a du mal à fournir un service de qualité à ses abonnés, notamment à cause de la lourde dette de l’État. Pour y remédier, les élus nationaux avaient promis de s’y pencher pour trouver des solutions en début de cette année, mais cela demeure lettre morte.

L’Etat client, dans tous ses démembrements, qui paie les billets de SN Brussels et de Vodacom, devra apprendre à ne pas tuer ses propres entreprises.

Il doit payer la SNEL et lui exiger les dividendes en fin d’année. Il y a lieu de trouver des mécanismes pour saucissonner le paiement pour atténuer l’effort de l’Etat.

Pour y arriver, la SNEL devra, à mon humble avis, offrir à l’Etat des solutions d’efficacité et de responsabilité énergétique. Des compteurs prépayés, des solutions solaires d’autonomie locale, des batteries de stockage pour assurer la continuité des services. Ceci requiert un dialogue et je reste convaincu que le ministre des finances y accordera une attention particulière.” A martelé Al Kitenge.

Pour rappel, le Directeur Général de la SNEL, Fabrice Lusinde Wa Lusangi Kabemba avait proposé la dotation de l’énergie photovoltaïque aux grands bâtiments publics, en vue de les rendre autonomes. Une solution efficace susceptible de favoriser une économie de l’énergie à même de desservir la majeure partie de la capitale en particulier et les provinces en général. Une solution qui, malgré son ingéniosité, demeure sous silence.

Sarah Mangaza

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