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Indaba mining, 30 ans d’existence sans solution aux problèmes de pollution

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Le grand rendez-vous des exploitants miniers a ouvert ses portes le lundi 5 février 2024 à Cape Town, en Afrique du Sud. C’est sous le thème “Exploiter le pouvoir des perturbations positives : un nouvel avenir audacieux pour le secteur minier africain”. 3 décennies en tant que principale plateforme africaine de négociation d’accords et de discussions sur des questions minières critiques, mais sans changements notables dans le secteur. Pourtant, cet événement met en valeur l’engagement de l’Afrique à attirer les investissements dans son secteur minier.

Attirer des investisseurs pour certes un avenir meilleur de ce secteur mais aussi pour plus de pollution et un avenir incertain pour les communautés. Selon plusieurs observateurs, ce rendez-vous devrait également viser à trouver des moyens pour pallier ce problème de pollution qui touche les communautés vivant autour des zones minières. Mais hélas ! Seuls les investissements captivent l’attention des organisateurs.

Le Premier ministre de la République démocratique du Congo, Sama Lukonde a, dans son allocution, mis un accent sur le renforcement de l’engagement de la RDC envers un avenir minier durable, tout en invitant les parties prenantes mondiales à collaborer pour réaliser cette vision.   Un discours qui n’a pas fait allusion aux problèmes de pollution auxquels font face les communautés des parties du pays où se passe cette exploitation, en vue d’envisager des solutions durables, notamment pour préserver ces communautés en particulier et tout le pays en général de méfaits de la pollution et du réchauffement climatique.

Indaba mining, un rendez-vous de lutte contre le réchauffement climatique ?

Les effets du réchauffement climatique sont bien visibles en Afrique en particulier et dans le monde en général. Sur ce, tenir des grandes réunions sur des questions qui touchent directement le climat, sans effleurer cette question, est tout simplement déplorable car, aucun continent n’est épargné.

Les États-unis s’étaient déjà prononcés à ce sujet pour soutenir la transition énergétique verte, en faisant progresser le déploiement d’une série de technologies énergétiques propres, telles que l’énergie éolienne, solaire, nucléaire, le stockage d’énergie par batterie, la géothermie, l’hydrogène propre et le captage, l’utilisation ainsi que la séquestration du carbone, mais le déploiement rapide et à grande échelle de ces technologies propres reste l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés ces états pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050, a confié le porte-parole en langue française pour le Département d’Etat américain, Johann Schmonsees.

« Les minéraux trouvés en Afrique sont essentiels au développement et au déploiement de ces technologies. Par exemple, dans le cadre du Partenariat, le gouvernement américain a fourni 150 millions de dollars de financement pour l’extraction et le traitement du graphite au Mozambique ». A_t_il ajouté.

Cependant, les pratiques utilisées pour exploiter les minerais ne sont pas favorables à l’environnement et cela menace les écosystèmes. Un sujet qui devrait attirer l’attention des participants à ces assises de grande envergure.

« Les pratiques actuelles d’extraction, de production et de gestion des déchets de minéraux critiques ont souvent des impacts environnementaux et sociaux négatifs, ce qui crée une opposition communautaire aux projets miniers. Le Partenariat pour la sécurité des Minéraux amène ses pays partenaires à investir dans des projets répondant à des normes environnementales, sociales et de bonne gouvernance. Le Partenariat est actuellement engagé dans sept projets en Afrique, y compris des projets d’exploitation minière et de transformation ». A expliqué Johann Schmonsees.

Outre cet aspect, la question des conditions précaires dans lesquelles vivent les ouvriers qui travaillent dans les mines n’est jamais à mettre sur la table des discussions. Pourtant, d’aucuns n’ignorent que malgré les avancées de la technologie, des ouvriers de plusieurs centres d’exploitation creusent des milliers de mètres à la main, à des prix dérisoires qui n’améliorent en aucun cas leurs conditions de vie. Un avis que ne partage pas du tout le gouvernement américain.

« L’une des raisons pour lesquelles les normes environnementales, sociales et de gouvernance sont si importantes dans le cadre du Partenariat est que les investissements qu’il promeut en Afrique seront entrepris par des entreprises occidentales, qui sont soumises aux systèmes judiciaires de leurs pays d’origine et à l’approbation de leurs actionnaires, majoritairement occidentaux.  L’expérience a montré que ces entreprises respectent l’État de droit, les droits de l’homme, les droits des travailleurs et l’environnement.  De plus, ces entreprises ne font pas venir leurs propres travailleurs de l’extérieur de l’Afrique. Ils embauchent des travailleurs locaux, à des salaires compétitifs, et offrent une formation et des bénéfices proportionnés aux normes modernes ». A déclaré son porte-parole.

Il est impérieux que le gouvernement de la RDC se penche de toute urgence sur les questions cruciales qui touchent les vies des communautés. Penser croissance économique est l’un des piliers majeurs du développement. Mais, parler développement sans prendre en compte les questions liées au bien-être de la population est une façon de gouverner sans se soucier des gouvernés.

Sarah MANGAZA

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