
Les délégués de la Convention sur la diversité biologique (CDB) ont clôturé le 19 février 2026 la sixième réunion de l’Organe subsidiaire chargé de l’application (SBI-6). Si des avancées notables ont été enregistrées sur l’égalité des sexes, un « fossé d’ambition » persiste entre les promesses mondiales et les actions nationales concrètes.
À huit mois de la COP 17 prévue à Erevan, en Arménie, l’heure est au bilan. La réunion de Rome avait une mission critique : transformer les objectifs ambitieux du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (KMGBF) en mécanismes opérationnels.
Un « fossé d’ambition » inquiétant
L’un des points majeurs de cette session a été l’examen des Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB). L’analyse de 130 cibles nationales a révélé que beaucoup de pays peinent encore à aligner leurs politiques internes sur les objectifs mondiaux de 2030.
Les pays, dont la République Démocratique du Congo, ont désormais jusqu’au 28 février 2026 pour soumettre leurs rapports nationaux définitifs. Ces documents serviront de base à la toute première « revue mondiale » (Global Review) des progrès qui sera présentée lors de la COP 17 en octobre prochain.
Finance et Égalité : les deux faces d’une même pièce
Deux dossiers ont particulièrement animé les débats :
- Le financement : Les discussions ont exploré des mécanismes innovants comme les « échanges dette-nature », essentiels pour les pays du Bassin du Congo. Cependant, des désaccords persistent sur le mécanisme de mobilisation des ressources, laissant plusieurs paragraphes du texte final entre « crochets ».
- L’inclusion : Une victoire majeure a été obtenue avec la finalisation de l’examen à mi-parcours du Plan d’action pour l’égalité des sexes (2023-2030). Les délégués sont tombés d’accord sur le fait que la conservation ne peut réussir sans une participation équitable et sécurisée des femmes.
La confiance, le chaînon manquant
Malgré ces pas en avant, la présidente du SBI-6, Clarissa Nina, a rappelé que le succès de la mise en œuvre repose sur la confiance mutuelle. « Nous devons combler les lacunes en matière de ressources et de capacités pour que les pays en développement puissent transformer leurs engagements en réalités de terrain », a-t-elle souligné.
Cap sur Erevan
Le travail n’est pas terminé. Une septième session (SBI-7) devra se tenir en août 2026 pour tenter de lever les derniers points de blocage technique avant le sommet d’Arménie.
Pour la RDC, l’enjeu est de taille : s’assurer que les efforts de conservation sur le terrain soient reconnus et financés à leur juste valeur, tout en respectant les délais de rapportage fixés à la fin de ce mois.
La Rédaction










