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Crise pétrolière mondiale, la RDC face au choc du blocage du détroit d’Ormuz

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Alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifient, l’Afrique subit de plein fouet les contrecoups de la guerre. Avec un baril frôlant les 150 $ et une menace de rupture d’approvisionnement, le gouvernement congolais multiplie les concertations pour éviter une paralysie économique.

Un séisme énergétique mondial

Le monde traverse la plus grave perturbation pétrolière de son histoire. Conséquence directe des frappes israélo-américaines de mars 2026, le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran a amputé la production mondiale de 8 millions de barils par jour, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Ce corridor maritime, par lequel transite habituellement 20 % du brut mondial, est désormais un goulot d’étranglement qui asphyxie les marchés. Si les pays développés puisent dans leurs réserves stratégiques, l’Afrique, plus vulnérable, se retrouve en première ligne face à une inflation importée galopante.

Kinshasa en état d’alerte

Face à cette onde de choc, le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a convoqué ce mercredi 11 mars le Groupement Professionnel des Distributeurs de Produits Pétroliers (GPDPP). L’objectif est clair : évaluer la résilience du secteur national et anticiper les mesures de contingence.

Le gouvernement a réitéré sa détermination à garantir la stabilité des prix, tout en surveillant de près les Manques à Gagner (MAG). Le défi est de taille : maintenir l’équilibre entre la réalité des cours mondiaux et le pouvoir d’achat des Congolais, déjà fragilisé par des défis structurels.

Le spectre de la pompe à 6 000 FC

La situation sur le terrain reflète déjà une réalité à deux vitesses :

  • À Kinshasa : Les prix restent pour l’instant stables à 2 440 FC pour l’essence et 2 430 FC pour le gasoil.
  • À l’Est (Beni) : La spéculation fait rage. Chez les revendeurs informels, le litre a bondi jusqu’à 10 000 FC, illustrant la précarité des circuits d’approvisionnement transfrontaliers.

L’ingénieur pétrolier Yves Ngoie prévient : « La RDC importe la quasi-totalité de son carburant. Avec un baril à 150 $, le prix réel à la pompe pourrait franchir la barre des 6 000 FC sans une intervention massive et immédiate de l’État. » Une telle hausse menacerait non seulement le secteur des transports, mais également l’industrie minière, poumon de l’économie nationale.

Vers une crise sociale ?

Au-delà du carburant, c’est la sécurité alimentaire qui est en jeu. Le Secrétaire général de l’APPO, Omar Farouk Ibrahim, alerte sur une hausse mécanique de 30 à 50 % des produits de première nécessité.

Dépendant des ports de Matadi et d’Afrique de l’Est, la RDC se trouve à la croisée des chemins. Entre appels à la solidarité internationale et renforcement des mécanismes de subvention, le pays doit naviguer à vue dans une tempête énergétique dont personne ne peut encore prédire la fin.

Par Albert MUANDA

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