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L’ONU révèle les conséquences périlleuses de la suspension des financements américains en RDC

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La suspension des financements américains, qui assurait jusqu’ici près de la moitié de l’aide sanitaire, frappe de plein fouet des millions de personnes en République démocratique du Congo (RDC). Les Nations Unies ont indiqué dans un communiqué publié ce samedi 17 janvier que les besoins humanitaires du pays s’élevaient à 2,5 milliards de dollars pour 2025 afin de venir en aide à près de 11 millions de personnes. Les conséquences les plus immédiates se font sentir dans le domaine de la santé.

Dans de nombreuses zones, les structures de santé fonctionnent au ralenti.  « Elles ne ferment pas totalement, mais les consultations sont limitées. Il y a pénuries de médicaments, suspension des soins prénatals et de la prise en charge des survivantes de violences sexuelles. Les ruptures prolongées d’antipaludiques touchent des dizaines de zones de santé, entraînant des décès liés à des cas de paludisme non traités. Parallèlement, la capacité de réponse aux épidémies de choléra, de rougeole et de Mpox est gravement affaiblie, en particulier dans l’est du pays », ont souligné les médecins sans frontières.

Une éducation en péril et des enfants en danger !

Les coupes budgétaires américaines ont également affecté le secteur de l’éducation, avec une baisse d’environ 48 % des ressources. Les experts ont menti qu’une partie des fonds destinés à l’éducation en situation d’urgence a été réduite de moitié, entraînant des projets écourtés et un nombre limité de provinces couvertes.

« Dans l’est de la RDC, des millions d’enfants voient leur scolarité interrompue, les exposant au recrutement par des groupes armés, au travail des enfants, aux mariages précoces et aux violences. Dans plusieurs zones de conflit, notamment en Ituri, les mécanismes de documentation des violations ont disparu, laissant les survivantes sans soins, sans soutien psychosocial et sans protection juridique », ont alerté les urgentistes de l’ONU.

La malnutrition aiguë n’est pas épargnée. En 2025, la suspension des financements américains a entraîné la fermeture de 1 178 centres de prise en charge dans cinquante zones de santé. La FAO a indiqué que «des centaines de milliers d’enfants souffrant de malnutrition sévère ou modérée ont ainsi perdu l’accès aux soins. Cette situation est consécutive dans un pays où 25 millions de personnes vivent en situation d’insécurité alimentaire, dont plus de 10 millions dans l’Est du pays».

La RDC face à l’effondrement des capacités sanitaires

Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont ramené leur contribution à environ 142 millions de dollars en 2025, une baisse vertigineuse de 85 % de leur aide dans le pays. Bien que Washington demeure le premier donateur, ce désengagement partiel a profondément désorganisé plusieurs secteurs clés de l’aide humanitaire. Selon l’ONU, plus de 1,5 million de personnes ont perdu l’accès à des soins essentiels, tandis que plus de dix organisations internationales ont été contraintes de réduire ou de suspendre leurs activités.

« La suspension des financements américains a provoqué l’effondrement des capacités sanitaires dans plusieurs provinces. Les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, tout comme les campagnes de vaccination et les services de santé maternelle, subissent de fortes contraintes. Cette situation accroît les risques de mortalité maternelle et néonatale. Les femmes et les filles figurent parmi les premières victimes : les projets de lutte contre les violences basées sur le genre ont été réduits de moitié, tandis que la couverture sanitaire a chuté d’un tiers en l’espace d’un an », peut-on lire sur le communiqué de l’ONU.

Face à l’ampleur de la crise, les autorités congolaises et les partenaires humanitaires ont engagé un recentrage de la réponse. Le gouvernement congolais a, lors du conseil des ministres, informé que l’ONU et la RDC ont lancé un ajustement visant à concentrer l’aide sur les besoins vitaux les plus urgents. Cette demarche sera menée dans l’objectif de ramener les besoins humanitaires du pays de 2,5 milliards de dollars à 1,4 milliard de dollars au cours de cette année.

Albert MUANDA

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