
Le Programme d’appui à la mise en valeur durable des zones de Savanes et de Forêts Dégradées (PSFD) entre dans une nouvelle phase décisive. À l’issue de la 6e réunion de son Comité de Pilotage (COPIL), tenue à Kinshasa ce mercredi 25 février 2026, le coordonnateur du projet, Willy Makiadi, a annoncé une extension budgétaire et opérationnelle majeure visant à consolider les acquis dans les provinces de la Tshopo et du Kwilu.
Un second souffle financier pour 2026-2028
Alors que le projet initial, lancé officiellement en 2021, arrive au terme de sa cinquième année, les perspectives s’élargissent. Le coordonnateur a confirmé avoir reçu le « quitus » du comité pour un budget consolidé s’élevant à 11 millions de dollars.
Ce montant est le résultat d’une gestion rigoureuse et de la confiance des bailleurs de fonds. Il s’agit entre autres de 3 096 000 $ de reliquat issu de la première phase au 31 décembre dernier, et de 8 000 000 $ de rallonge (top-up) accordés par le bailleur de fonds pour soutenir l’extension. Cette nouvelle enveloppe couvrira une période de deux ans, s’étendant de juin 2026 à juin 2028.
L’ambition technique du projet a également été revue à la hausse. Initialement fixé à 7 400 hectares, l’objectif global de mise en valeur des terres a été porté à 12 000 hectares. À ce jour, plus de 70 % des objectifs intermédiaires ont été atteints.
Pour l’année 2026, le programme est particulièrement chargé avec un budget d’exécution d’environ 1,4 million de dollars validé pour la transplantation de plus de 4 500 hectares. Il prévoit également l’octroi de subventions aux Alliances Productives (AP), incluant la sélection de 10 anciennes structures performantes et le recrutement de nouvelles, ainsi que la mise en conformité stricte avec les sauvegardes environnementales, la sécurisation foncière et l’inclusion financière des producteurs.
« Ce projet me tient beaucoup à cœur, car je sais qu’on a tapé à la bonne porte », a insisté le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, Moindo Nzangi Butondo. « La dégradation des forêts a comme acteur principal l’agriculture. Aucun discours ne pourra arrêter la destruction des forêts, car les communautés auront toujours besoin de vivre. La seule façon de les arrêter est de mettre en place des projets qui vont leur permettre d’accéder durablement aux ressources. L’intensification des cultures pérennes autour des espaces déjà dégradés est une solution qui peut nous aider à stabiliser les populations pour les empêcher de continuer la dégradation des forêts ».
Le Fonds National REDD (FONAREDD) a salué le rôle essentiel joué par le Ministère de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, dont l’engagement constant renforce la crédibilité institutionnelle du programme. Il a également adressé ses remerciements à l’Agence Française de Développement, ainsi qu’à l’assistance technique et à l’Unité de Gestion du Programme, pour leur collaboration constructive.
« À ce jour, plus de 6 665 hectares ont été plantés et géoréférencés dans les provinces du Kwilu et de la Tshopo, accompagnant plus de 5 900 bénéficiaires directs, dont une part non négligeable de femmes. Vingt-quatre (24) alliances productives sont pleinement actives, soutenues par un dispositif de conseil agricole ayant mobilisé 39 (trente-neuf conseillers), désormais dotés d’équipements essentiels pour assurer un encadrement de proximité », a déclaré le secrétaire exécutif du FONAREDD, Bavon N’sa Mputu Elima.
Assurer la pérennité par le modèle « Donnant-Donnant »
L’un des points forts de cette réunion a été la stratégie de sortie et de durabilité. Le PSFD ne travaille pas en vase clos : il collabore étroitement avec le ministère de l’Agriculture et les inspections provinciales pour préparer la relève.
Willy Makiadi a insisté sur l’importance du modèle économique des Alliances Productives. En créant un partenariat « gagnant-gagnant » entre les opérateurs économiques et les paysans, le projet s’assure que les activités perdureront bien après son retrait.
« La relation entre le paysan et l’opérateur économique va rester… elle sera bâtie par rapport aux intérêts, et chacun va préserver ses intérêts », a souligné le coordonnateur.
Avec ces nouveaux moyens et une stratégie claire, le PSFD s’affirme comme un levier essentiel de la transformation agricole en République Démocratique du Congo.
Alfredo Prince NTUMBA










