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Mai-Ndombe – Bras de fer entre la Société Civile et les Députés sur les crédits carbone

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Alors que les députés brandissent l’argument de la transparence pour exiger une meilleure part du gâteau, la société civile y voit une manœuvre politique risquant de bloquer des fonds vitaux pour le développement de la province de Mai-Ndombe. Ce vendredi 6 mars 2026 à Kinshasa, le ton monte. Le Bureau de veille et de gouvernance des ressources naturelles (BVGRN) accuse les élus nationaux de la province de Mai-Ndombe de vouloir « saper » les accords climatiques au détriment des communautés locales.

Le cœur du conflit réside dans les CAVRE (Contrats d’achat-vente de réduction des émissions). Des députés nationaux du Mai-Ndombe ont récemment saisi l’Assemblée nationale et la Présidence de la République pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’opacité. Leur objectif : renégocier les quotas et le partage des bénéfices, jugeant le prix de vente des crédits carbone à la Banque mondiale insatisfaisant.

Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi, Joseph Bobia, coordonnateur du BVGRN, a fustigé cette démarche. Pour les acteurs environnementaux, l’initiative des députés menace directement les acquis des populations locales.

« Ce contrat a été signé entre le gouvernement congolais et la Banque mondiale, avec un fonds de 17 millions de dollars pour la première phase des projets communautaires », a rappelé Joseph Bobia.

Selon lui, le rôle des élus devrait être le suivi de l’exécution sur le terrain plutôt que la remise en question des accords juridiques déjà établis.

Le projet, piloté par l’Unité de Gestion du Programme (UC-PIF), repose sur des indicateurs précis il s’agit de la réduction de 29 millions de tonnes de CO2 (période 2018-2022), la vente de 11 millions de tonnes de crédits carbone à 5 USD la tonne.

« Ce sont les projets des communautés et des peuples autochtones », a rappelé le ministre provincial de l’Environnement, Agriculture, Pêche et Élevage, Jean Claude Nongo. « Nous savons qu’il y a un besoin criant en réhabilitation et en construction de routes, ainsi qu’en dessertes agricoles. Même la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Donc, on commence quelque part et on va continuer ».

Face aux critiques sur le prix du carbone, la société civile rappelle la réalité du marché. Si le taux actuel est à 5, il peut fluctuer radicalement. Pour le BVGRN, l’urgence n’est pas dans la spéculation financière, mais dans le financement des services d’appui aux initiatives locales, notamment dans les secteurs de l’environnement et de l’agriculture durable pour les peuples autochtones.

Albert MUANDA

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