
A la COP30, la société civile de la République Démocratique du Congo (RDC) a réitéré son soutien au fonds CAFI pour le déploiement à grande échelle des PSE (Paiements pour Services environnementaux). S’exprimant lors d’une interview réalisée à Belem, Guy Kajemba, coordnnateur du Groupe de travail Climat Redd Renové (GTCR-R), a salué l’évolution des mécanismes de financement. Selon lui, l’innovation majeure réside aujourd’hui dans la capacité des PSE à toucher directement l’individu.
« Notre plaidoyer était de voir les communautés bénéficier directement des retombées de leurs efforts. Auparavant, nous étions dans un système de partage de bénéfices à l’échelle de projets globaux, ce qui rendait l’accès difficile pour tous. Aujourd’hui, chaque individu qui fait un effort de conservation peut en bénéficier », a-t-il affirmé.
Malgré ces avancées, le représentant de la société civile a souligné un obstacle de taille : la compétitivité financière de la conservation face à la déforestation. Pour qu’un paysan choisisse de protéger la forêt plutôt que de produire du charbon de bois (braise), le montant du PSE doit être incitatif.
Il la relevé le choix économique : Les communautés arbitrent constamment entre les revenus immédiats de la destruction forestière et les promesses des services environnementaux. Et la nécessité d’un taux attractif.
Guy Kajemba appelle à une réflexion profonde sur les taux de paiement pour s’assurer que la conservation devienne une option économique viable.
Vers une approche adaptée aux réalités nationales
Le fonds CAFI (Central African Forest Initiative), dont l’action est jugée essentielle doit être calibrée selon la taille des nations. Kajemba a rappelé que les réalités de la RDC, de par sa dimension continentale, ne peuvent être comparées à celles de pays plus petits comme le Gabon.
« L’impact des services est plus visible dans de petits territoires. Pour la RDC, il faut mobiliser beaucoup plus de moyens pour que ce mécanisme soit réellement porteur de changement », a-t-il conclu.
En conclusion, la société civile congolaise s’est engagée à accompagner et à surveiller la mise en œuvre de ces outils. L’objectif est clair : garantir que les dispositifs utilisés soient pratiques, transparents et, surtout, qu’ils ne compliquent pas davantage la vie des populations qui sont les premiers gardiens de la forêt.
De retour de Belém, Alfredo Prince NTUMBA










