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Le développement routier assoiffe les quartiers de Kinshasa, quand le bitume sacrifie les tuyaux de la Regideso.

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« Je dépense 15 000 FC par jour pour approvisionner ma famille en eau potable. Cela dure depuis deux ans. C’est devenu insupportable. » À l’instar de Thérèse, résidente du quartier Matonge (Commune de Kalamu), de nombreux Kinois se retrouvent privés d’eau potable, victimes collatérales des travaux de réhabilitation routière qui transforment la capitale.

Le constat est amer. Si le bitume modernise la ville, il assoiffe ses habitants. Le Directeur Régional Kin-Ouest de la Regideso SA explique, dans un entretien accordé à Environews RDC, la complexité du problème.

« Nous collaborons avec les entreprises de voirie pour les alerter sur la présence de nos grandes conduites. Cependant, la plupart des routes en chantier étaient autrefois en terre battue lorsque nos canalisations ont été posées. Ce qui semblait être sécurisé à l’époque est aujourd’hui fragilisé par les travaux d’asphaltage et d’élargissement », a-t-il précisé.

Cartographie contre réalité du terrain

Pourtant, la Regideso affirme disposer de la cartographie précise de son réseau. Selon l’ingénieur Raymond Matundu, le défi est avant tout technique et financier : déplacer des canalisations primaires de gros diamètre est une opération complexe et coûteuse qui freine souvent les interventions.

Cette situation plonge plusieurs quartiers dans une précarité sanitaire alarmante. Au-delà de l’enjeu technique, il s’agit d’une urgence sociale. Dans la commune de Kasa-Vubu, le cri du cœur de Mbuta, un habitant local, résonne comme un avertissement : « L’eau ne coule plus. Nous avons alerté la Regideso, mais le silence persiste. Cette situation nous fait souffrir. »

Face à la crise, la Regideso assure ne pas rester inactive. Une collaboration plus étroite est en cours avec les entreprises de construction responsables des casses de tuyaux.Un travail intense se fait avec l’Office de Voirie et Drainage (OVD) également, afin de trouver un moyen efficace pour sécuriser les canalisations par rapport aux nouvelles constructions des routes, malgré la complexité de ces travaux et le coût qu’ils exigent.  

« Si nous avons des problèmes tel que de fuites ou des conduites qui se retrouvent dans l’emprise de la chaussée et qui posent problème, nous contactons l’OVD parce que c’est elle qui gère toutes les routes. Elle nous fait un devis, on paie, on casse, on répare puis on remet les tuyaux à leur place et la route dans son état. » A ajouté le directeur régional Kin-Ouest de la Regideso.

La situation de la privation d’eau requiert une urgence et un regard particulier à Kinshasa, car derrière chaque robinet sec se joue la dignité, la santé et la stabilité de millions de citoyens. Transformer l’accès à l’eau en une réalité tangible n’est plus une option, mais un impératif humanitaire dont dépend le souffle même de la mégapole.

Sarah MANGAZA

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